Deux malheurs identiques. Deux décisions opposées.

La-petite-Hermès-enceinte-à-15-ans-seulement-e1385078687416-300x286

J’ai lu l’article « Grossesses en milieu scolaire à Zagnanado: Des filles futures mères, entre pressions de l’école et des parents » sur le site web du journal l’évènement précis. Bien ficelé par Yannick SOMALON que je félicite pour sa chute qui m’a personnellement interpellé. Je vous fais un bref résumé de l’article avec mes coups de gueule et coups de cœur. Je vous invite cependant à le lire en entier en cliquant ici . vous en apprendrez des choses.

Hermès et Blandine respectivement 15 et 12 ans, 5eme et 6eme au C.E.G zagnannado sont tombés enceinte. Il a fallu l’intervention de la gendarmerie pour qu’Ezéchiel (aussi élève) l’amant d’hermès reconnaisse la grossesse. Blandine, elle, l’auteur de sa grossesse est toujours inconnu.

Hermès : J’ai honte. En allant à l’école, mes camarades n’aiment plus cheminer avec moi et tous ne font que parler de moi en me montrant du doigt. En classe, les professeurs ne disent rien mais me regardent.

Père de Hermès : Certains de mes amis m’ont conseillé de faire avorter ma fille et de l’envoyer ensuite chez des parents, loin du village, afin de sauver l’honneur et d’éviter les critiques.

Pour l’avoir vécue par camarade interposée, je peux affirmer qu’il n’est pas facile de porter une grossesse dans un kaki et de mettre pieds dans un collège rempli d’adolescentes au ventre plats et de surcroit dans la cour de récréation, les filles qui le font, sont beaucoup courageuses. Tout le monde, sait combien il est difficile d’être diffèrent surtout négativement parmi ses paires. Mais que remarquons-nous aujourd’hui? Ses filles sont montrées du doigt, les camarades chuchotent à leurs passages. Elles sont  exclues de leur cercle d’amis. Il n’y pas meilleur moyen de les renvoyer à la maison où elles ne recevront aucune instruction. Or elles en ont plus que jamais besoin.

Père d’Hermès :  J’ai interdit de la voir à la maison, puisque pour moi, elle est appelée à aller au cours et la grossesse ne doit pas être un alibi pour gâcher l’année scolaire, confirme-t-il. Je vais la suivre jusqu’à l’accouchement et elle va reprendre les cours juste après .

Voilà l’exemple d’un parent responsable qui a à cœur le bien être de son enfant. J’encourage ce genre de choses. Cela devient rare de nos jours, au Bénin. La plupart des parents dont les filles tombent enceintes se désengagent : « plus d’argent de poches pour toi, celui qui t’a engrossé n’a qu’à s’en occuper ». Ils chassent leurs enfants ou les donnent en mariage sans délai et sans dot.

Hortense, mère de Blandine se pose des questions sur le déroulement de la grossesse et de l’accouchement. Couverte de honte, selon elle, dans un milieu prompt à critiquer, Hortense a préféré garder sa fille à la maison, afin de mieux la suivre.

Nos mamans n’ont pas d’autre crainte que cela. C’est le meilleur moyen de tomber de son rang social : que ta fille tombe enceinte de surcroit de père inconnu. C’est le summum de la disgrâce. Cela nourrit les potins de quartiers, cela circulent de maison en maison, de chambre en chambre. Doit-on pour autant se cacher et cacher sa fille ? Je ne crois pas. On dit dans ma langue maternelle: celle qui tombe en plein milieu d’un marché n’a plus de honte à avoir.  La honte paralyse, elle retarde, elle tue. Et ce sont ses filles cachées à cause de la honte qui sont tuées sur le plan académique, social, professionnel et familial.

Docteur Emmanuel Akpatchossou  pense que continuer les cours ne devrait poser problème aux adolescentes enceintes que si la distance séparant l’école du domicile est trop grande. Certes, il reconnaît que plusieurs facteurs entrent en jeu-là, puisque la fille doit avoir du temps pour se reposer. Par conséquent, s’il arrivait qu’elle dorme en classe, elle ne devrait pas en être punie.

Une femme enceinte, de surcroit une fille qui n’est pas à la fin de sa croissance, enceinte devrait être traité avec délicatesse. Mais ce n’est pas le cas dans nos collèges les élèves enceintes et ou mères sont punies parce qu’elles ne suivent plus le rythme ; cela me rappelle qu’en terminale une camarade de classe enceinte presque à terme a été punie à coup de sévices corporelles parce qu’elle  n’avait pas fait un devoir. C’est tout simplement révoltant.

Yannick SOMALON (le journaliste): Jusqu’à nouvel ordre, Hermès Anihounvi Ahouandjinou peut donc continuer à suivre les cours pendant que Blandine, elle, est vouée à l’abandon. Deux malheurs identiques, mais des décisions radicalement opposés.

La fin du feuilleton surnommé le destin des élèves mères s’écrit par les parents. Parce que Hermès à un père qui n’en a cure de la honte et qui se préoccupe de l’avenir de sa fille, elle aura surement une fin heureuse. Mais Blandine est vouée à un avenir incertain.  Parents, les actions de vos enfants leur donnent déjà un handicap majeur, que votre décision à vous ne les handicape pas davantage.

Chers amis lecteurs, connaissez-vous des filles qui sont tombées enceintes durant votre cursus scolaire ? Où en sont-elles ? Ont-elles continué les cours ? Votre avis m’intéresse !

Akossiwa DOKPODJO

Publicités

2 réflexions sur “Deux malheurs identiques. Deux décisions opposées.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s