Mon ‪‎interview‬ sur mon projet de prise en charge des ‪élèves-mères‬ par le journal Educ’action

Trois questions à Stella Dokpodjo sur le projet de création du centre de prise en charge des filles-mères

« Avec la grossesse, les parents se disent que ce n’est plus la peine de continuer à investir pour l’éducation de leurs filles »

Etudiante en quatrième année de linguistique, option : Information et Communication à l’Université d’Abomey-Calavi, Akossiwa DOKPODJO milite depuis 2014 pour le maintien des élèves-mères à l’école dans la société béninoise. A travers son blog consacré à l’éducation des filles mères pour le développement, elle ambitionne créer un centre de prise en charge des élèves- mères. Rencontrée dans le cadre d’une interview, Akossiwa DOKPODJO explique dans les moindres détails les objectifs de son projet. Educ’Action : Vous êtes animatrice d’un blog « Educ Fille Mère et Développement » qui sensibilise et traite du sujet des élèves mères. Pourquoi avoir décidé de vous consacrer à cette thématique?

Akossiwa DOKPODJO j’ai décidé de me consacrer à cette thématique parce que j’ai remarqué que beaucoup d’élève, devenu mère abandonnent les bancs de l’école. Cela prend de plus en plus d’ampleur. Si on ne fait rien cela deviendra un vrai problème de développement. Avec la grossesse, les parents se disent que ce n’est plus la peine de continuer à investir pour l’éducation de leur fille et c’est souvent difficile de convaincre les parents de réinvestir à nouveau. A travers mon plaidoyer sur mon blog, j’ambitionne de trouver des parrains qui vont prendre en charge la scolarité de ses filles jusqu’à ce qu’elles obtiennent au moins un diplôme parce qu’il ne s’agit pas seulement pour elle d’aller à l’école, mais de sortir de l’école avec des diplômes et des compétences données. Et le thème de mon blog Educ Fille Mère et Développement pour faire le lien entre le fait que l’éducation des filles, même si elles sont déjà mères, peut toujours contribuer au développement parce que l’éducation n’est jamais perdue. Quelque soit la personne qui la reçoit, elle sera un jour profitable au développement du pays. On entend souvent dire que ce sont des filles faciles, qui ne veulent rien faire, qui sont parties « écarter les jambes » et sont tombées enceinte. Mais ayant discuté avec nombreuses parmi elles, je sais que la plupart ne sont pas informées des questions de sexualité. Donc très vulnérable. Ce sont des filles qui ont envie de réussir mais qui n’ont pas forcément les moyens qu’il faut. Sur le blog je partage les expériences de ses filles mères pour décourager les autres filles qui sont encore à l’école à ne pas prendre le même chemin.

L’objectif final de votre initiative, c’est la création d’un centre de prise en charge des élèves-mères. En quoi ce centre sera-t-il utile dans votre combat ?

Une fille qui a commencé son cursus scolaire et qui, à un moment donné, a dû arrêter parce qu’elle est tombée enceinte je trouve cela déplorable. J’ai décidé que ce n’était pas quelque chose qu’il fallait laisser

faire. Déjà qu’on n’est pas assez nombreuses à aller à l’école, et qu’il y a beaucoup de défis à relever dans la tranche des filles en général des femmes, nous ne devons pas laisser des obstacles comme des grossesses précoces en milieu scolaire, entravées la scolarisation de nos sœurs. C’est pour cette raison que j’ai initié ce projet de création d’un centre de prise en charge des filles mères. Prenons l’exemple de Womey parce que c’est là que j’ai eu les premiers contacts avec des filles mères, l’objectif c’est de créer un centre à proximité de leurs écoles qui comporte : une garderie d’enfant gratuite, un espace d’étude et bibliothèque et un espace d’éducation à la santé de reproduction. Ainsi ses élèves (parrainer ou pas) déjà mère pourront nous confier leurs enfants le temps d’aller au cours, faire leurs devoirs et révisions avant de rentrer à la maison avec leurs bouts de chou. Parcequ’on remarqué après enquête que leurs difficultés a part les moyens financiers tournent autour de deux points : à qui confié l’enfant pour aller à l’école ? Et le manque de temps pour étudier. Ponctuellement, on organisera des échanges débats sur la santé de reproduction afin de mieux les informer par rapport à leurs sexualité, la planification familiale et la santé de la mère et de l’enfant . La création de ce centre implique beaucoup de moyens financiers. Ma démarche consiste à faire une phase pilote au cours de laquelle je trouverais de parrain pour chaque élève-mère déscolarisée ou en voie de l’être répertorié et ensuite impliquée ses filles dans la garde de leurs enfants puis les incitée à des activités génératrice de revenu qui pourront leur permettre de s’occuper elle-même de leurs enfants. Elles sont mères après tout. Et en fonction des résultats obtenu de cette phase pilote j’introduirais mon projet pour un financement participatif. Et j’ai pu arriver à tout ceci grâce à Etrilabs qui m’a formé au blogging pour servir une cause.

Votre mot pour conclure cet entretien.

Je voudrais lancer un appel aux parents. Un enfant reste un enfant même si elle tombe enceinte. On ne peut pas décharger toute une responsabilité sur cet enfant parce qu’elle a fait un faux pas à un moment donné. Donc je voudrais que les parents accompagnent leurs enfants pour leur scolarisation, parce que c’est leur avenir. Que les parents essayent de soutenir leurs enfants, même si ce n’est pas facile d’avoir un enfant qui est élève et qui a aussi un enfant à sa charge. A l’endroit des filles, je conseille de s’abstenir ou à défaut de toujours se préserver pour être enceinte au bon moment. C’est mon appel le plus grand. Contacts : akossiwadokpodjo@gmail.com pour toute personne désirant parrainer une élève-mère, soutenir le projet et/ou connaissant une déscolarisée ou en voie de l’être.

Réalisation : Edouard KATCHIKPE

a retrouver ici http://bit.ly/1GzRj2J

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