Nadége, en formation d’infimiere

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Nadège, après son témoignage, j’ai plaidé pour lui trouver un parrain qui a payé les frais de sa première année de formation d’infirmière dans une clinique de la place. Elle est la première fille mère rencontrée dans le cadre du projet Educ Fille mère et la première à être parrainer. Son parrainage a débuté en Mars 2015. Dans le cadre de la réalisation d’une vidéo pour la Journée Internationale de la fille 2015, elle nous a fait part de sa vision  pour  2030 et nous avons recueilli l’avis de son père sur le programme de parrainage Educ Fille mère.

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Le retour à l’école d’une Fille-mère

beatrice (1)Au nombre des filles-mères parrainées, j’ai décidé de faire un billet qui raconte le processus de la scolarisation de Béatrice.

Les préalables : rencontrer la famille

 Ne jamais mettre une fille à l’école sans l’autorisation des parents, leurs soutien est primordial.

19ans, maman d’une petite fille de 2ans et enceinte de quatre mois, déscolarisée depuis bientôt deux ans, Béatrice orpheline de mère, vivait avec sa grande mère. Cette dernière étant aussi décédée peu de temps après notre prise de contact, j’ai passé de longues semaines à essayer de rencontrer son oncle  pour son autorisation afin de  l’inscrire. C’est dans cette ambiance familiale  que j’ai rencontré l’oncle qui croulant sous les charges de la famille m’a confié  qu’il avait prévu de l’envoyer au village se trouver un mari cultivateur afin de comprendre la dureté de la vie.  Malgré des propos durs pour dénoncer le comportement naïf de sa nièce vis à vis des  jeunes hommes, j’ai compris sa peine et sa tristesse à travers ses larmes.

Retour sur le chemin de l’école

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En présence de son oncle,  j’ai inscris Béatrice en 3eme vers la fin octobre dans une école privée exempt de gréve et autres perturbations que nous rencontrons souvent dans notre système scolaire au Bénin. La moyenne dans son lycée est de 12 et un carnet de suivi signé par le préfet de l’établissement est acheminé vers les parents  à la fin de chaque semaine pour observation.

C’est une chance pour moi  de reprendre les cours malgré ma situation. Mon objectif c’est d’ avoir le BAC . J’ai pris les cahiers  d’un camarade pour recopier les cours que j’ai raté afin de me mettre à jours. Mais j’avoue ne pas encore tout comprendre.  J’évite aussi de poser des questions aux professeurs pour ne pas me faire remarquer.

Avant d’aller au cours, elle confie sa fille à sa tante ou à une voisine lorsque celle ci n’est pas disponible. Elle la retrouve le soir à la fin des cours.

Nous n’avons plus l’électricité  depuis un bon moment donc à l’aide de lampe torche, je révise mes cours jusqu’à 21h avant de vaquer à d’autres occupations domestiques.

Le suivi scolaire

Les résultats  du premier trimestre ne sont  pas à la hauteur de nos espérances. Elle a un niveau très bas dans toutes les matières. Mais c’est un peu compréhensible vu qu’elle a laissé les études pour deux ans au moins m’explique un de ses professeurs. Elle a besoin d’être encadré dans toutes les matières suggère t’il. Ce qui ne serait pas aisé vu le coût que cela pourrait engendrer.

Moi même je ne suis pas satisfaite de mes résultats, je vais redoubler d’efforts au second trimestre

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Sincère remerciement à Monsieur Sylvain BOKO et  Mylène Flicka pour la prise en charge des frais liés à la scolarisation de Béatrice.